Rentrée 2026 : moins de moyens, moins de choix — l’École sacrifiée
À l’approche de la rentrée 2026, une réalité s’impose dans toute l’académie d’Aix-Marseille : les lycées subissent une baisse nette et généralisée de leurs moyens horaires. Bouches-du-Rhône, Vaucluse, Alpes-de-Haute-Provence, Hautes-Alpes : aucun territoire n’est épargné.
Derrière les chiffres, une conséquence directe : moins d’heures, moins de groupes, moins de choix pour les élèves.
Une politique d’austérité qui frappe tous les territoires
Dans de nombreux établissements, les dotations horaires globales (DHG) sont en recul :
- pertes de plusieurs dizaines d’heures dans certains lycées
- suppressions de divisions
- hausse des effectifs par classe
Dans les territoires ruraux et alpins comme dans le Vaucluse, ces baisses ont un effet encore plus brutal : chaque heure retirée fragilise l’équilibre même des formations.
La réforme du lycée contredite par les faits
Depuis la réforme du lycée, le discours officiel est clair : les élèves devraient pouvoir choisir librement leurs spécialités.
Mais sur le terrain, la réalité est toute autre.
Faute de moyens suffisants, les établissements sont contraints de fermer ou de ne plus ouvrir certaines spécialités, en particulier celles à faibles effectifs :
- Arts plastiques
- Langues anciennes et régionales
- NSI (Numérique et sciences informatiques)
- SI (Sciences de l’ingénieur)
Autrement dit : on promet la liberté de choix, mais on organise sa disparition.
Une incohérence majeure avec les priorités nationales
La situation est encore plus préoccupante concernant les spécialités scientifiques et technologiques.
Les spécialités NSI et SI sont directement liées à des filières du supérieur stratégiques pour le pays :
- numérique
- intelligence artificielle
- cybersécurité
- industrie et ingénierie
Ces domaines sont régulièrement présentés par l’État comme des priorités nationales pour :
- la réindustrialisation
- la souveraineté technologique (cloud, IA, cyber)
- la sécurité face aux menaces numériques
Et pourtant, dans les lycées de l’académie, ce sont précisément ces spécialités qui sont fragilisées, voire supprimées.
Comment prétendre former les compétences de demain en supprimant les enseignements qui les rendent possibles ?
Moins de moyens, plus d’inégalités
Les conséquences sont claires :
- réduction de l’offre de formation
- parcours contraints pour les élèves
- aggravation des inégalités territoriales
- dégradation des conditions de travail des personnels
Dans certains lycées, les élèves devront désormais renoncer à leurs choix d’orientation, non pas par manque de motivation ou de niveau, mais simplement parce que l’enseignement n’existe plus localement.
Le SNALC Aix-Marseille dénonce une impasse
Pour le SNALC Aix-Marseille, la situation est inacceptable.
Il ne s’agit pas d’ajustements marginaux, mais bien d’un recul organisé du service public d’éducation, en totale contradiction avec les ambitions affichées.
Nous dénonçons :
- une baisse des moyens incompatible avec la réforme du lycée
- une mise en concurrence des spécialités et des établissements
- une politique éducative incohérente avec les priorités nationales
Exiger des moyens, défendre l’École
Le SNALC Aix-Marseille exige :
- un réexamen immédiat des dotations horaires
- le maintien de toutes les spécialités, y compris à faibles effectifs
- des moyens à la hauteur des ambitions affichées par l’État
L’École ne peut pas être un discours d’un côté et une austérité de l’autre.
On ne construit pas l’avenir en fermant des classes.
On ne prépare pas les compétences de demain en supprimant les enseignements d’aujourd’hui.











